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Eric Chahi : plongeon dans l’univers d’un programmeur

D’origine essonnienne, ce créateur de jeux vidéo indépendant est à l’origine des célèbres Another World et From dust. Le virus informatique s’est emparé de lui très jeune.

Eric2010recadre1Chahi : “Je marche pour découvrir”.
© ©Eric Chahi

L’évènement qui vous a le plus marqué ?


J’ai été marqué par mon exploration des volcans. Entre le développement des jeux Heart of Darkness et From Dust, j’ai beaucoup voyagé sur des terres volcaniques, désertiques, des endroits où la Terre est en mouvement. Je me suis rendu sur les îles volcaniques du Vanuatu à l’est de l’Australie. J’ai vécu des expériences fortes en découvrant ces endroits. Je me souviens notamment de mon ascension du volcan actif de l’île de Lopevi. Arrivés au sommet, nous nous sommes retrouvés, mon guide et moi, dans une situation imprévue : les gerbes incandescentes que crachaient le volcan ont changé de direction et se sont dirigées vers nous. C’était au crépuscule. Les blocs de lave sortaient par centaines. J’ai eu très peur pour ma vie. Nous avons pu les éviter mais ce moment de danger visuellement extraordinaire restera gravé dans ma mémoire. J’ai été confronté à ce que la nature a de plus fascinant et de plus périlleux. J’ai toujours été fasciné par les reportages d’Haroun Tazieff. Il y a quelque chose d’inaccessible et tout un imaginaire qui gravite autour.
Tout cela a constitué une source d’inspiration pour From Dust dans lequel le volcanisme tient une grande place et où rien n’est définitif. 

Le lieu qui a beaucoup compté ?


Dans un contexte plus essonnien cette fois, il s’agit du collège expérimental Guillaume Budé d’Yerres. Lorsque j’y étais scolarisé, nous était proposé, en plus du programme classique, une vingtaine d’activités annexes comme l’atelier de fabrication de micro fusées, ou celui dédié aux marionnettes. La créativité et l’innovation constituaient des aspects essentiels de cet établissement. Même les sonneries étaient choisies par les élèves.
Notre prof de géographie connaissait un réalisateur qui avait besoin d’une classe pour faire office de figurant dans une émission sur les nouvelles technologies. Pour ça, nous nous sommes rendus dans les locaux d’un importateur de jeux d’arcade. Nous avons pu jouer gratuitement ! Ce fut le seul moment de ma scolarité où je me suis senti comme un poisson dans l’eau. Ce collège et cette sortie ont eu une incidence sur la suite de mon parcours professionnel.

L’objet que vous adorez et qui ne vous quitte pas ?


Le soleil ! Il est toujours plus ou moins là. Je suis sûr de bien l’avoir et il ne prend pas de place dans la poche.

Un livre préféré que vous emporteriez sur une île déserte ?


Je pars du principe qu’une île déserte est un endroit sympathique et que je n’aurais pas le temps d’y lire. Je ne lis pas quand il y a plein de choses à voir. J’emporterais plutôt un livre vierge pour écrire mes impressions sur ce qui m’entoure.

Une personne qui a beaucoup compté ?


Au début des années 80, au moment de mon passage en seconde, il n’y avait aucune école de jeux vidéo. Les conseillers d’orientation m’ont persuadé qu’il fallait passer par l’électronique pour accéder au secteur des jeux vidéo. Je me suis donc dirigé vers une seconde technique. En parallèle, je me suis inscrit dans un club d’informatique à Crosnes pour m’initier aux langages de programmation. C’est à cette période que j’ai édité mes premiers jeux, notamment Frog. C’est un ami de mes parents, Alain Blanquet, qui m’a vraiment mis le pied à l’étrier. Il m’a aiguillé vers mon premier ordinateur, l’Oric 1, très populaire à ce moment-là, et m’a dit : “Ton jeu Frog, pourquoi tu n’irais pas le proposer à l’importateur de l’Oric 1 ?”. Je suis donc allé à Boissy-Saint-Léger avec mes parents et une cassette. Le jeu a plu. Ils m’ont rémunéré avec du matériel. Ça a été un déclic : il était possible pour moi de percer dans le métier. J’ai donc arrêté ma scolarité au cours de ma première scientifique pour tenter de créer un jeu plus ambitieux et d’aller voir un vrai éditeur de jeu. C’est à partir de là que j’ai consacré toute mon énergie à programmer.

Votre passion en dehors du travail ?


Ça dépend des périodes de ma vie. J’aime beaucoup la nature et l’art. Les deux se mélangent un peu d’ailleurs. Une activité qui me manque quand je ne la pratique pas c’est la randonnée. Je marche pour découvrir.

Les 5 dates d’Eric Chahi :

Fin des années 70 : Découverte des premiers jeux d’arcade
1983 : Edition de son premier jeu Frog
1991 : Création d’Another World, un moment clé dans son parcours créatif
1999 : Première découverte des volcans actifs
2011 : Il crée From Dust, son premier jeu autour d’une simulation


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