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Vincent Munier, photographe de la vie sauvage

  • Posté le : Lundi 24 Septembre 2012
  • |
  • par : S. Anheim

Photographe animalier de renommée internationale, il arpente les grands espaces sauvages. Ses clichés, pris aux confins du monde, saisissent les moments inattendus de la vie des animaux.

portrait-vincent-munier© Vincent Munier

L’évènement qui vous a le plus marqué ?

Mon premier voyage sur l’île d’Hokkaïdo au Japon, la plus septentrionale de l’archipel. C’était au cours de l’hiver 1999. Fasciné par la grue cendrée, c’était un rêve de gamin de pouvoir aller là bas observer sa cousine la grue du Japon. Il s’est réalisé après un an de préparation et d’économies pour réunir l’argent nécessaire. Sur place, j’ai rencontré le professeur Hiroyuki Masatomi, ornithologue spécialiste de cet oiseau menacé. Il a contribué à le sauver de la disparition grâce à ses actions de préservation très fortes. J’ai également assisté à un rassemblement exceptionnel de cygnes chanteurs dans des ambiances féériques. Des photos inespérées ont résulté de ces observations.
Et aussi, bien sûr, ma récente paternité : pour quelqu’un qui n’arrête pas de voyager "égoïstement", ça change la vie !

Le lieu qui a beaucoup compté ?

Les vieilles forêts des hautes Vosges. De type primaire, il y pousse de très vieux arbres, des mousses, des lichens, etc. Elles abritent de nombreuses espèces de végétaux intéressants, mais aussi d’animaux, comme le grand Tétras ou la chouette de Tengmalm. Elles constituent de petits "oasis" sauvages près de chez moi. Des endroits où la nature n’est pas abîmée par l’homme, des terres encore préservées, comme on en retrouve à une échelle bien plus grande en Europe de l’Est, en Slovénie ou Roumanie par exemple. Je m’y rends régulièrement pour me ressourcer et observer. Ces forêts sont une véritable source d’inspiration !

L’objet que vous adorez et qui ne vous quitte pas ?

Une paire de jumelles lumineuses pour pouvoir observer dans des conditions de faible luminosité. Je me sens tout nu sans cet outil et passe beaucoup plus de temps les yeux dans mes jumelles que dans l’appareil photo. C’est avec elles que j’ai par exemple pu voir mon premier loup d’Abyssinie après avoir attendu six jours dans un affût. J’étais alors tellement ému que je ne l’ai même pas pris en photo.

Un livre préféré que vous emporteriez sur une île déserte ?

Si je le pouvais, les 16 volumes des Handbook of the Birds of the World. Il s’agit d’une collection encyclopédique très intéressante et superbement illustrée sur tous les oiseaux du monde. Mais si je devais n’en retenir qu’un, ce serait  Dersou Uzala, un récit autobiographique de Vladimir Arseniev relatant l'improbable mais très forte amitié entre un vieux trappeur sibérien qui vit du commerce des peaux de zibelines et connaît la taïga comme sa poche et un topographe russe, chargé par le tsar Nicolas II de faire le relevé de terres alors encore inexplorées dans la taïga de l'Oussouri, à la frontière chinoise, au début du 20ème siècle. C’est une très belle rencontre humaine dans une magnifique région sauvage et hostile où vit le tigre de Sibérie.

Une personne qui a beaucoup compté ?

Mon père. Naturaliste passionné, photographe et militant écologiste de la première heure, il m’a dès le plus jeune âge inculqué ses valeurs, sa connaissance et son profond respect de la nature. A mes 12 ans, il m’a offert un vieux reflex équipé d’un téléobjectif. A l’affût dans une forêt près de notre village vosgien, j’ai alors pris ma première photo d’un animal, un chevreuil. Je trouvais ça tellement grisant d’être aussi proche des animaux sauvages ! Depuis, c’est ça qui me plaît, vivre dans cette nature, apprendre à me connaître et tenter d’approcher les animaux sans les déranger.

Votre passion en dehors du travail ?

Mon métier est ma passion. Une passion dont je peux vivre et qui ne laisse pas de place à une autre tellement elle est accaparante. La photographie est un outil, un prétexte. Mon unique véritable passion est d’observer, de vivre des moments forts dans les grands espaces sauvages parmi les animaux. Avec la photo naturaliste, on est dans le domaine de l’inattendu, rien n’est écrit à l’avance.


www.vincentmunier.com

Les dates de Vincent Munier :

Né dans les Vosges, ses photos sont régulièrement primées, ses photos sont publiées par les plus grands magazines.

1999 : Premier voyage et grand reportage au Japon
2002 : Reçoit pour la troisième fois consécutive le prix BBC Wildlife photographer of the year
2006 : Edition en 5 langues de son livre « Blanc nature »

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